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L'AI Act dans les établissements de santé

La santé cumule les difficultés : des systèmes souvent à haut risque, une double réglementation avec le dispositif médical, un rôle de déployeur mal identifié et des données parmi les plus sensibles qui soient.

Mis à jour le 16 juillet 2026 · 6 min de lecture

Sommaire

  1. Deux règlements qui se superposent
  2. L'hôpital est déployeur, pas fournisseur
  3. La validation clinique n'est pas la conformité AI Act
  4. Les systèmes qu'on oublie de recenser
  5. Articulation avec le RGPD

Deux règlements qui se superposent

Une aide au diagnostic en imagerie est déjà un dispositif médical, marqué CE au titre du règlement (UE) 2017/745. L'AI Act ne remplace pas ce régime : il s'y ajoute, via l'annexe I.

Conséquence pratique : le système est à haut risque au sens de l'AI Act par la porte de l'annexe I, et non par la liste d'usages de l'annexe III. C'est une distinction qui a des effets concrets, notamment sur la date d'application : 2 août 2028 pour l'annexe I, contre 2 décembre 2027 pour l'annexe III.

Erreur fréquente : classer une aide au diagnostic sous « annexe III, santé ». L'annexe III ne comporte pas de rubrique « santé » générale ; elle vise l'accès aux services essentiels — par exemple le triage d'urgence. Une IA embarquée dans un dispositif médical relève de l'annexe I. La confusion fausse à la fois la qualification et le calendrier.

L'hôpital est déployeur, pas fournisseur

Un établissement qui achète une solution à un éditeur est déployeur. Ses obligations (article 26) sont réelles mais circonscrites : usage conforme à la notice, supervision humaine par des professionnels compétents, pertinence des données d'entrée, surveillance, conservation des journaux, information des personnes.

Il ne lui revient pas de produire la documentation technique du système, ni de conduire l'évaluation de conformité : c'est la charge du fournisseur.

Sauf si l'établissement développe en interne, appose sa marque, ou détourne le système d'un usage — auquel cas il devient fournisseur. Un outil de planification développé par la DSI place l'hôpital en position de fournisseur.

La validation clinique n'est pas la conformité AI Act

Une confusion tenace mérite d'être levée. La validation clinique d'un dispositif médical relève du fournisseur et du règlement 2017/745. La conformité AI Act est un autre objet : gestion des risques, gouvernance des données, transparence, supervision humaine, robustesse.

Un établissement ne « revalide » pas cliniquement un dispositif marqué CE. En revanche, il doit s'assurer que son usage réel reste dans le périmètre de la notice, et surveiller les performances en conditions réelles — ce qui n'est pas la même chose.

Les systèmes qu'on oublie de recenser

L'inventaire d'un établissement se limite trop souvent à l'imagerie. Or l'IA y est bien plus répandue :

Une règle empirique : le nombre de systèmes d'IA d'un établissement est presque toujours supérieur à ce que la direction imagine, parce que l'IA arrive par mise à jour de logiciels déjà installés, sans décision d'achat identifiée comme telle.

Articulation avec le RGPD

Les données de santé sont des données sensibles au sens de l'article 9 du RGPD. Un système d'IA qui les traite déclenche presque toujours une analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD).

Si l'établissement est un organisme public ou fournit un service public, une FRIA peut également s'imposer pour les systèmes à haut risque de l'annexe III. Les deux analyses se complètent : l'AIPD regarde les données, la FRIA regarde les droits fondamentaux.

Enfin, l'hébergement de données de santé impose la certification HDS à l'hébergeur — une exigence française qui se cumule à tout le reste.

Questions fréquentes

Une aide au diagnostic est-elle annexe I ou annexe III ?

Annexe I. Elle est un dispositif médical au sens du règlement (UE) 2017/745, et l'AI Act la qualifie de haut risque par la porte de l'annexe I. Elle relève donc de l'échéance du 2 août 2028. L'annexe III ne comporte pas de rubrique « santé » générale.

L'hôpital doit-il refaire la validation clinique du dispositif ?

Non. La validation clinique relève du fournisseur, au titre du règlement sur les dispositifs médicaux. L'établissement, en tant que déployeur, doit veiller à un usage conforme à la notice et surveiller les performances en conditions réelles.

Quelle est l'échéance la plus proche pour un hôpital ?

Le 2 août 2026, au titre de l'article 50 : tout chatbot d'accueil ou de prise de rendez-vous doit signaler qu'il s'agit d'une IA. C'est bien avant les échéances du haut risque, reportées à décembre 2027 et août 2028.

Un outil développé par la DSI change-t-il quelque chose ?

Oui, radicalement. L'établissement devient fournisseur pour ce système, et hérite des obligations correspondantes : documentation technique, évaluation de conformité, système de gestion de la qualité.

Conçu pour les établissements de santé

Aegida a été développé pour la santé et le secteur public : multi-établissements, rôle déployeur, hébergement UE. Démonstration interactive, sans inscription.

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