Aegida

La littératie en IA : l'obligation que tout le monde a oubliée

Elle s'applique depuis le 2 février 2025, elle concerne toutes les organisations qui utilisent de l'IA, quel que soit le niveau de risque — et pratiquement personne ne l'a mise en œuvre.

Mis à jour le 16 juillet 2026 · 4 min de lecture

Sommaire

  1. Ce que dit l'article 4
  2. Pourquoi elle est systématiquement négligée
  3. Ce qu'il faut faire, concrètement

Ce que dit l'article 4

Les fournisseurs et les déployeurs de systèmes d'IA prennent des mesures pour garantir, autant que possible, un niveau suffisant de littératie en IA chez leur personnel et chez les autres personnes qui utilisent les systèmes pour leur compte.

Ce niveau s'apprécie au regard des connaissances techniques, de l'expérience, de l'éducation et de la formation des personnes, ainsi que du contexte d'utilisation et des personnes sur lesquelles les systèmes seront utilisés.

Le Digital Amnibus adopté en juin 2026 en a assoupli la formulation — l'obligation s'exprime désormais en termes de soutien plutôt que de garantie — mais il ne l'a ni supprimée ni reportée.

Pourquoi elle est systématiquement négligée

Trois raisons, toutes mauvaises.

Elle n'a pas de livrable évident. Contrairement à une documentation technique ou à un registre, la littératie ne produit pas naturellement de preuve. On la croit donc immatérielle, alors qu'elle se documente très bien.

Elle est arrivée tôt. Février 2025, à un moment où l'attention se portait sur les interdictions. Elle est passée dans l'angle mort.

Elle s'applique à tout le monde. Précisément parce qu'elle ne dépend pas du niveau de risque, chacun suppose qu'elle vise quelqu'un d'autre.

Ce qu'il faut faire, concrètement

L'article ne prescrit pas de format. Il exige un résultat proportionné. En pratique, une démarche défendable comporte quatre éléments.

  1. Identifier les populations. Qui utilise quoi ? Un radiologue qui valide une suggestion d'IA, un agent d'accueil qui s'appuie sur un assistant et un data scientist n'ont pas les mêmes besoins.
  2. Calibrer le contenu. Pour chaque population : ce que fait le système, ce qu'il ne fait pas, ses limites connues, les biais possibles, le rôle de la supervision humaine, la conduite à tenir en cas de doute.
  3. Tracer. Qui a été formé, quand, sur quoi. C'est ce qui transforme une intention en preuve opposable.
  4. Entretenir. Une formation de 2025 ne couvre pas un système déployé en 2026. La littératie suit le parc, pas le calendrier.
Le test simple : si une autorité vous demandait demain de prouver que les utilisateurs de vos systèmes d'IA savent ce qu'ils manipulent, que produiriez-vous ? Si la réponse est « rien », l'obligation n'est pas remplie.

Questions fréquentes

La littératie en IA a-t-elle été reportée ?

Non. Elle s'applique depuis le 2 février 2025. Le Digital Omnibus de juin 2026 en a assoupli la formulation, mais n'a ni supprimé ni reporté l'obligation.

Concerne-t-elle les systèmes à risque minimal ?

Oui. L'article 4 ne dépend pas du niveau de risque : il s'applique dès lors que votre organisation utilise un système d'IA, quel qu'il soit.

Faut-il une formation certifiante ?

Non. Le règlement n'impose aucun format. Il exige un niveau de compétence proportionné au contexte, aux personnes et aux enjeux — et, en pratique, de pouvoir le démontrer.

Suivez la littératie comme le reste de votre conformité

Aegida embarque des modules de littératie et trace leur avancement par établissement. Démonstration interactive, sans inscription.

Voir la démonstration

À lire aussi

Vous n'êtes pas fournisseur, mais déployeur — et vous avez des obligationsArticle 26 : usage conforme à la notice, supervision humaine, surveillance, journaux. Ce que do…
Le calendrier de l'AI Act, à jour du report de décembre 2027Les échéances de l'AI Act après le Digital Omnibus : haut risque reporté au 2 décembre 2027, ar…
Les quatre niveaux de risque de l'AI ActInacceptable, haut risque, limité, minimal : comment l'AI Act classe les systèmes d'IA et comme…